Tous les articles par Francis

Ponferrada – Villafranca del Bierzo

Réveil inquiet. Non, il fait beau et même très beau. Par-dessus les toits, la campagne scintille.
Le petit déjeuner fût copieux. Voila de quoi attaquer une belle étape de bonne humeur.
Il nous faut remettre le béret, les gants et un blouson sur les polaires car la pluie de la nuit a amené une belle fraîcheur.
Nous qui marchons ne nous en plaindrons pas. Il nous faut traverser toute la ville de Ponferrada parmi les écoliers qui vont rejoindre leurs pupitres. Pour nous ce sera une nouvelle journée de liberté.
Cette traversée nous prendra bien cinq kilomètres mais elle est assez bien indiquée.
Nous traversons de nombreux petits villages charmants et nous verrons beaucoup de fleurs aux fenêtres et dans les jardins. Il semble que le climat, malgré la fraîcheur du jour, soit plus doux que dans les régions que nous venons de traverser, ce qui expliquerait cette abondant floraison printanière.

Vignes et campagne fleurie du Bierzo, montagnes enneigées au loin

 

Rangées de vignes du Bierzo au printemps, au pied des montagnes

Nous longeons une grande route dans la traversée de Camponaraya où nous achetons quelques aliments pour l’en-cas du midi. Puis à la sortie de cette agglomération, à hauteur de caves vinicoles, nous reprenons le chemin caillouteux, la piste vers Cacabelos , puis après huit kilomètres environ,et après avoir traversé de sympathiques paysages vinicoles, nous arrivons à notre point de destination. Il est 14heures. Nous sommes à Villafranca del Bierzo.
Cette petite ville est vraiment pleine de charmes. Tant sur sa partie haute, à notre arrivée, où nous sommes accueillis par un magnifique château qui doit quelques cicatrices aux troupes napoléoniennes et auparavant, un peu plus haut, une magnifique église romane.
En ville, la rue de l’Agua est un très bel exemple d’architecture moyenâgeuse. Difficile de ne pas tomber sous le charme de Villafranca del Bierzo.
Nous traversons la ville dans sa grande largeur pour franchir le pont sur le rio Burbia. Notre hôtel est un peu plus loin devant nous.
A un coin de rue, sur le chemin de St Jacques qui passe devant, au bord d’un joli torrent se trouve la Casa Mendez. Nous sommes reçus avec un sourire qui nous accompagnera jusqu’au lendemain matin au départ. La chambre est sur le torrent et propose, avec modestie, tout ce dont nous avons besoin, même si le luxe en est absent. Tranquille.
Nous redescendons déjeuner au menu del dia toujours avec le même sourire et une excellente truite.
Nous remontons procéder à notre installation. Odile souhaite faire un petit somme, pas moi, donc j’en profite pour aller en ville, à pied bien sûr, acheter une carte postale, des figues (excellents coupe-faims et anti-coups de barre) et je m’autorise une bière en terrasse.
A mon retour, un amoncellement de valises et de sacs me montre que des pèlerins français sont arrivés. Des gens qui ne marchent pas avec un sac à dos. J’avoue avoir du mal à savoir que penser. Il est certes possible quand on est invalide ou avec un problème de dos de se faire porter son bagage d’un hôtel à l’autre. J’utiliserai ce système si cela m’était nécessaire. Mais, à voir celles et ceux qui pratiquent cela, au moins à l’étape dont je parle, je pense qu’il s’agit plutôt d’un confort. Enfin, à chacun son Chemin !

Le dîner sera aussi bon que le déjeuner et toujours avec le sourire. J’insiste car, après environ 500 kilomètres de marche en Espagne, nous avons plutôt été habitués à des visages fermés, voire distants, sans parler de l’obstacle de la langue.l’Agua, Villafranca del Bierzo,

www.restaurantemendez.com
4 repas, petit déjeuners, la chambre et les sourires : Euros 105,-

Foncebadon – Ponferrada

Il est 8h15, nous ne sommes pas en retard et nous quittons Foncebadon dans la brouillard.

 

Chemin et muret de pierre dans le brouillard au départ de Foncebadón
Le spectacle est irréel car dans une demi clarté, les bâtiments effondrés sont encore plus impressionnants.

Le pèlerin dans une rue de Foncebadón, entre les maisons effondrées

En haut du village, un troupeau de moutons broute paisiblement dans un silence complet.
Nous devons monter à 1500 mètres d’altitude, de plus en plus dans le brouillard, pour atteindre la Cruz de Ferro, haut lieu du pèlerinage. La montée est rude vers ce point haut, et le pas est de moins en moins assuré sur les pierres qui roulent sur un chemin plutôt étroit qui serpente entre les bruyères blanches et mauves.
Après une bonne suée matinale, malgré la fraîcheur, nous atteignons la Croix de Fer où nous sacrifierons au rite du lancer du caillou. Dans les temps anciens, la pierre que l’on lançait était à la dimension des péchés que l’on voulait se faire pardonner. Quant on contemple le monticule, nul doute que certains sont montés avec beaucoup à se faire pardonner. Il y a donc un tas de pierre « historique » mais d’une belle dimension. Nous retrouvons là nos voisins de table d’hier soir, qui en sont, si ma mémoire est bonne à leur troisième étape. Ils sont partis de Léon.

Le pèlerin devant la Cruz de Ferro et son monticule de pierres

La Cruz de Ferro sur son monticule de pierres apportées par les pèlerins, dans le brouillard
Et dire que chacune des pierres a été amenée ici par les pèlerins qui en jetaient une ou plusieurs pour se faire pardonner leurs fautes. Le plus gros était le péché, la plus grosse sera la pierre !

Nous avançons, toujours dans brouillard, sur un chemin encombré de racines d’arbres qui ne facilitent pas le passage.

Chemin de terre bordé de pins dans le brouillard
Peu après, nous avons droit, comme toute le monde, je crois, à la hauteur du refuge de Manjarin à un tintement de cloche qui nous salue en passant.

Le refuge de Manjarín dans le brouillard, au bord de la route

Pendant à peu près six kilomètres de solitude, nous traverserons toujours dans le brouillard, de beaux paysages de lande plutôt désolés. En plus, brouillard oblige, il ne fait pas très chaud.
De temps en temps, un ou plusieurs pèlerins à bicyclette nous dépasse en nous saluant, cela fait un peu de distraction.

Panneau routier signalant le passage des pèlerins, dans la lande

Nous croisons, quelques centaines de mètres avant d’arriver à El Acebo, peu après le début de cette descente trop pentue à mon goût, un couple de pèlerins qui marchent en sens inverse.
Je suppose qu’ils reviennent de St Jacques à pied, comme on en verra d’autres plus loin.
Le chemin très raide, en descente donc, arrive à l’entrée du village.

Sentier rocheux très raide dans la descente vers El Acebo
Heureusement qu’il ne pleut pas !

 

Le village d'El Acebo vu d'en haut, dans la brume
Le village d’El Acebo, que l’on voit ci-dessus, vu d’en haut, abrite de belles maisons bercianes (du Berzio) car nous entrons dans cette région et nous ne la quitterons que pour entrer en Galice.

Rue pavée bordée de maisons de pierre à balcons de bois, typiques du Bierzo, à El Acebo

Nous ne ferons pratiquement que descendre en suivant de près ou de loin, la petite route LE 142 en passant à
Riego de Ambros où le chemin, franchissant un gué, commence à prendre un aspect de sente de chèvres. Ce n’est pas très agréable pour les chevilles, mais cela passe.
Plus raide encore la descente sur Molinasecca où notre démarche change lorsque nous retrouvons le bitume de la route.
Molinasecca est un joli village-rue, bâti autour du chemin historique de St Jacques. Il est trop tôt pour penser à déjeuner, d’autant plus que c’est ce jour là la fête des Mères et il sera certainement difficile de trouver une table disponible dans les auberges du village.
Nous continuons vers Ponferrada en longeant la LE 142 sur un large trottoir pendant deux kilomètres en faux plat montant où il n’y a strictement rien à voir. Il n’y a qu’à avancer.
Chemin faisant, nous passons devant une plaque commémorant le décès d’un pèlerin anglais sexagénaire sur la droite du chemin. Ce n’est pas la première plaque ni la dernière que nous rencontrerons ! Le chemin semble faire un long détour en descente vers la ville quitte, comme d’habitude, à tout nous faire remonter quelques kilomètres plus loin. Harassés, il fait chaud, nous entrons dans la ville par un pont médiéval et remontons vers le château templier.
Erreur funeste. Au lieu de partir à droite, où se trouve notre hôtel, nous descendons dans la ville nouvelle et avançons sur un bon kilomètre. Qu’il nous faut refaire ensuite en sens inverse quand la troisième personne interrogée, nous dit que notre hôtel doit se trouver dans la vieille ville et non pas par là. Et c’est reparti

Remparts du château dominant la rivière à l'arrivée à Ponferrada
Nous trouverons notre hôtel ½ heure plus tard, par hasard car son entrée se trouve dans une petite ruelle. Neuf, propre, rien à dire de négatif.
Il y a un peu plus de 30 kms que nous marchons. Il est 15h et c’est l’heure de se mettre à table. Repas convenable, pas cher. Pendant le repas, nous voyons arriver Lorraine qui a l’air assez fatiguée. Elle déjeunera à proximité de nous dans la salle de restaurant de l’hôtel.

Puis douche, sieste et le trafic habituel. Promenade pour faire quelques kilomètres de plus. Il fait frais dans cette vieille ville. Nous tuons le temps comme cela vient, en errant plutôt qu’en visitant. L’heure du dîner est arrivée à 20h30, dans la même salle. Il y a, ce soir, quantité de pèlerins qui dînent. Comme nous n’avons pas été capables de trouver l’auberge de pèlerins et surtout que nous étions bien fatigués, c’est l’hôtel qui tamponnera nos créanciales.
Une bonne nuit qui fut animée par de fortes pluies vers 4 heures du matin. Quel temps fera-t-il demain ?

 

www.hotellostemplarios.info

Hôtel Los Templarios
Cale Florez Osorio 3
24400 PONFERRADA (Léon)
987 411 484

Affiché à euros 60, nous avons payé euros 42 grâce aux vouchers Halcon
Les repas nous ont été facturés euros 22.43 pour deux personnes pour déjeuner et idem pour dîner, vin compris.

Astorga – Foncebadon

Aujourd’hui, notre étape se fera à Foncebadon. Nous devrons monter à 1200 mètres d’altitude. Le topo prévoit une halte à Rabanal del Camino mais, nos informations, certes incomplètes montrent qu’il n’y a pas de logement hors auberges de pèlerins dans ce village.
Ce qui s’avèrera faux car il y a de quoi se loger confortablement dans Rabanal, mais nous ne le savions pas.

Nous quittons notre hôtel à 8h30 sachant que nous avons environ 28 kms à parcourir et que le terrain monte en pente douce puis un peu plus forte sur la fin.
Il fait beau et un peu frais.

Nous suivons la route LE 142 que nous n’abandonnerons que quelques kilomètres avant Rabanal, soit sur le bas-côté, soit sur le chemin empierré qui lui est parallèle. Il n’y a pratiquement aucune circulation sur cette route.

Croix de bois glissées par les pèlerins dans un grillage, en forêt

Calme du Chemin, calme des trois villages traversés. Le paysage est très beau. Il n’y rien à voir et tout à voir. L’œil est accroché par des détails, des couleurs. Dans El Ganso, des pèlerins sont installés à des tables à l’extérieur et prennent un café et un peu de repos dans un silence religieux (sans jeu de mots) !

Ce calme n’est dérangé que par le bruit des pas sur le chemin et les cailloux qui roulent

Route bordée de murs de pierre en ruine dans un village des monts de León, pèlerins au loin

 

Nous arrivons à Rabanal del Camino par la Calle Mayor qui est, en fait, le chemin de St Jacques. La montée est bien marquée et un peu de repos en haut ne serait pas de trop.
Justement à cet endroit, nous remarquons sur la gauche, un de ces hôtels dans lesquels nous aurions pu dormir et qui affiche un menu du pèlerin. Ils serviront dans une demi-heure.
Ok, nous attendrons dehors au soleil, assis sur un muret.
Nous serons rejoints par Lorraine, une charmante québecoise que nous connaissons déjà, et qui nous dit aller dormir à Foncebadon comme nous. Elle décide de déjeuner au même endroit que nous.
Nous mangerons à des tables voisines et je téléphonerai, en espagnol qu’elle ne parle pas, à Foncebadon pour réserver une chambre pour elle aussi dans cet endroit qui est perdu dans la montagne. Il serait, en effet, hasardeux, après 28 kms de marche de s’engager dans un quasi désert vert sans savoir où dormir. Excellent repas pour deux à 19.08 euros dans cette Posada de Gaspar qui s’avèrera être une « Casa de Turismo Rural » comme celles dans lesquelles nous avons déjà dormi ailleurs. Dommage !

Puis, nous repartons dans la lande, d’abord par une chemin caillouteux puis arrivons à la LE 142 que nous avions laissée avant le village et nous devrons la suivre pendant quatre kilomètres du moins c’est ce que dit le topo.

Chemin caillouteux dans la montagne en direction de Foncebadón

Chemin faisant, l’attention diminuant, nous suivons de loin un marcheur qui, à un moment prend un autre chemin sur la droite. Sans vérifier, nous le suivons, puis le perdons. Nous décidons de revenir en arrière sur nos pas. Le point fait à la boussole, nous montre que « c’est par là » mais que si nous ne voulons pas retourner sur la route LE 142, nous devrons monter un raidillon de deux cents mètres qui en cache un autre et un autre. En fin de compte, nous avons peut être gagné de la distance, sans le chercher d’ailleurs, mais nous avons bien transpiré et peiné à monter en haut de cette colline qui abrite un relais radio. En haut, effectivement, nous nous trouvons à la hauteur de Foncebadon. (1450 m). Il ne nous reste plus qu’à rejoindre, en descendant un peu, l’hôtel dans lequel nous avons réservé.

 

Le village en ruine de Foncebadón, à 1450 m, avec la vue sur la plaine
Le village est quasiment ruiné, la quasi-totalité des maisons sont effondrées et cela donne un impression étrange de village mort.
La Casa de Turismo Rural El Convento de Foncebadon nous permettra de faire notre halte mais sans plus. Le confort y est simple. Le repas s’avèrera catastrophique avec une soupe tiède (je le dis au patron qui ne semble pas apprécier) des boulettes de viandes insipides et une glace sans goût non plus dans une boîte en carton). Nous échangeons avec un couple de français que nous retrouverons lors de notre retour, dans la gare d’Hendaye. Nous les reverrons d’ailleurs à la Croix de Foncebadon, le lendemain matin, dans le brouillard.
Lorraine a dîné tôt et s’est couchée tôt. Nous avions bu un verre avant le dîner profitant du rayon de soleil couchant.

La nuit a été animée par un chien qui a cru bon d’aboyer une bonne partie de la nuit, nécessitant la mise en place de boules quiès en urgence.

Moutons, chèvres et un chien parmi les ruines de pierre de Foncebadón
C’est peut être lui, qui se cache si bien dans les pierres !

Cette halte ne figurera pas dans les meilleures adresses de notre périple. Si nous avions su, nous nous serions arrêtés à Rabanal….Allons, c’est quand même l’hôtelier de Foncebadon qui a tamponné nos credenciales. Rendons lui cela quand même !

Hospital de Orbigo – Astorga

Aujourd’hui, nous prenons notre temps. Nous partons à 9h30 sous un magnifique soleil.
Il n’y a pas de vent. Même la N120 est de la partie puisqu’au moment où nous la traversons il n’y a pas une auto ni camion en vue. Moment rare !

Nous traversons le village, passons devant l’auberge de pèlerins paroissiale de la rue Alvarez Vega où nous avons si bien dîné hier soir.
Devant nous, en premier plan, une plaine maraîchère agrémentée de quantités de petits canaux d’irrigation. En deuxième plan, il semble que nous allons bientôt abandonner la plaine du Paramo et marquer ainsi la fin de la traversée de ce désert plat et monotone.

Les villages traversés sont un petit peu plus animés que ceux que nous avons vu auparavant et surtout bien plus calmes quant au trafic automobile. Nous goûtons cette tranquillité retrouvée en allant d’un bon pas, sous le soleil.

Effectivement, le dénivelé s’accentue et nous retrouvons des sensations que nous ne connaissions plus depuis plusieurs jours. Ce sont d’autres muscles qui travaillent. Nous sommes doublés par un groupe germanophone d’une vingtaine de personnes, qui, à notre grande surprise, ne portent pas de sacs à dos comme nous mais seulement des petits fourre-tout pour le nécessaire de la journée. C’est nouveau pour nous qui trimballons nos 9kgs depuis bientôt 1500 kms. Il s’agit, selon toute vraisemblance, de personnes bénéficiant du transport des sacs par autobus. Nous vérifierons cela à notre arrivée car ces personnes descendront dans le même hôtel que nous.

 

La pèlerine assise sur un banc à l'ombre d'un chêne, à côté d'une statue de pèlerin en bois

Nous marchons sur Astorga sans trop de difficultés si ce n’est une légère douleur sous la plante du pied gauche, à la hauteur du coussin des orteils qui est venue à force de marcher sur un chemin couvert de galets ronds. Cela finira par passer comme la tendinite. Si l’on s’écoutait….

A mi-chemin, nous prenons bien conscience du changement de topographie. Il y a de belles côtes, en pente douce, nous traversons de belles garrigues ou forêts de petits chênes, descendons et montons comme nous l’avons fait dans les Monts d’Oca, en moins marqué.

Croix de pierre au bord du chemin, avec des pèlerins et la ville d'Astorga au loin
Puis, au loin, nous apercevons la cathédrale d’Astorga qui nous appelle. Comme d’habitude, nous rejoignons le groupe de pèlerins parti plus tôt d’Hospital de Orbigo, qui a dû s’arrêter prendre le petit déjeuner dans un village derrière nous et qui, sous le soleil, semble musarder un peu. Nous dépassons, en les saluant, les personnes que nous connaissons et arrivons à Astorga à 13h15.

Notre hôtel est situé sur la Plaza de Espana, l’Astur Plaza.
http://asturplaza.com

Très belle chambre avec tout le grand confort réglé avec des vouchers Halcon pour 60 euros.

Nous déjeunerons à l’hôtel pour 18.69 euros (menu del dia pour deux) et irons sacrifier au rite de l’installation. L’après-midi se passera à visiter cette magnifique petite ville et ses monuments sous un soleil riant.

Le palais épiscopal de Gaudí à Astorga

En fin de journée, l’animation venant, la plaza de Espana se remplit et nous prenons un verre en terrasse en attendant l’heure du dîner en regardant passer les pèlerins qui se détendent un peu et les locaux qui font leur promenade du soir.

Le dîner sera très bon au restaurant Serrano, où l’accueil est souriant. Il y a quelques pèlerines qui dînent au menu pèlerin qui semble fort sympathique. Nous préférerons la carte et nous régalerons véritablement pour environ 65 euros.
(cardos almendras y pinones, judias con gambas y almendras, lomo salsa dorada, lechazo asado, et un rioja bordon rouge et dos cafés)

La nuit sera bien calme et reposante.

 

www.hotelasturplaza.es

Leon – Hospital de Orbigo

Il va falloir reprendre le Chemin car notre destination n’était pas Léon. Il faut s’arracher au confort de cette chambre, se réhabituer au rythme quotidien de la marche.
Allez on y va ! Il est 8h15 lorsque le bus quitte son arrêt et nous emporte vers Virgen del Camino qui se trouve à 8kms de notre point de départ.
Nous avons décidé de faire l’impasse, comme à Burgos, sur la sortie de l’agglomération léonaise car, nous le voyons en passant, ce n’est que rues, entrepôts, grands magasins et banlieue. Et en plus, il pleut des cordes.
Nous sommes installés dans ce bus qui fait la navette entre son point de départ et Virgen del Camino. Il est bondé et les vitres couvertes de buée. Nous voyons par endroits des files de trois ou quatre pèlerins orthodoxes quant au parcours et qui marchent sur les trottoirs encombrés, couverts de leurs ponchos.
Puis le bus s’arrête plus longuement et descendent la quasi-totalité des passagers. Il en monte d’autres. C’est là que le chauffeur nous interpelle et nous signale que nous sommes au terminus depuis un moment. Dur de sortir du bus ! Sous l’abri, nous nous équipons en poncho et guêtres, béret, gants enfin comme d’habitude pour les moments difficiles.

Et on y va, sous le crachin, en longeant la N120 que nous ne quitterons guère jusqu’à Hospital de Orbigo. A la sortie de la petite ville, nous nous trouvons devant un inextricable nœud routier, et notre lecture du topo ne nous éclaire guère. Nous décidons de prendre le Camino Real plutôt que la Calzada de los Peregrinos. En fait, nous choisissons la route la plus courte comme dans la plupart des cas et surtout nous sommes méfiants des petits chemins de campagne surtout quand il pleut. Donc on descend à droite. En remontant, une dame en voiture nous fait des signes montrant que nous ne sommes pas sur le bon chemin. Nous passons outre. En haut de la petite montée, un automobiliste s’arrête et prend le temps de nous faire comprendre que la route sur laquelle nous sommes monte à la voie rapide et il n’y a pas, sur cette voie, de salut pour les pèlerins. Il nous faut redescendre et passer sous le pont de la N120. De l’autre côté, nous trouverons le Camino Real.
Il avait raison. Nous nous engageons sous le pont et montons à droite pour nous trouver, effectivement, sur un espace glaiseux sur lequel, la pluie redoublant, il n’est pas facile de progresser. Mais, ultréia, cela passe. Même que nous passons dans un tunnel sous je ne sais quelle voie rapide. Puis le calme revient et le pas peut se développer.

La tendinite s’arrange bien à la suite de notre journée de repos et surtout du bandage serré qui couvre une bonne couche d’anti-inflammatoires. Donc, on avance. C’est toujours tout droit, le sol est spongieux et, surtout, nous subissons, le bruit incessant de la N120 et de ses camions.
Trois kilomètres plus loin, notre chemin se rapproche de et se confond avec la N120 et nous sommes obligés de marcher sur la gauche de cette voie avec l’inconvénient de ces poids lourds qui ne ralentissent même pas et nous inondent un peu plus si cela était possible. Calvaire des pèlerins que ces moments là. Traversons le village de Villadango del Paramo dans ces conditions, puis retrouvons une piste. Le paysage est triste sous la pluie et les champs s’étendent à perte de vue, à gauche de la route.
A San Martin del Camino, nous traversons le village après avoir quitté la N120 que nous retrouverons à la sortie et achetons des gâteaux secs qui nous serviront d’en-cas pour tout à l’heure. Et nous revoila dans cette ligne droite sans fin avec des camions et désormais, moins de pluie. Quelques centaines de mètres plus loin, nous retrouvons nos Dacquois qui marchent de l’autre côté de la route. Un bonjour, ça va ? Ok, on continue.
La pluie et les nuages finissent par poursuivre leur chemin et, à la hauteur de Villavente, nous enlevons notre équipement pluie qui séchera vite sur le haut du sac. Et à Puente de Orbigo, nous quittons la N120 et retrouvons le calme. Nous marchons depuis 24 kms.
Encore un petit effort, et nous arriverons au pont médiéval de Hospital de Orbigo. Au bout du pont, nous entrons dans un petit hôtel pour nous y installer. Nous sommes dehors trois minutes après car ce n’est pas là que nous avons réservé. Il faut dire que le nom est presque identique. Il nous faut continuer la traversée du village et ressortir à l’ouest pour trouver notre véritable destination. C’est une sorte de motel-station service sur la N120.
Accueil souriant, installation dans une chambre tranquille à l’arrière du bâtiment, donnant sur la campagne et sur un beau nid de cigognes. Rituel d’usage puis nous descendons dévorer un menu du pèlerin. Sieste. Puis promenade dans le village dans lequel il n’y a pas grand-chose à voir, à l’exception du pont aux dimensions respectables.

Grande place bordée d'arcades et de façades anciennes

Le long pont médiéval pavé d'Hospital de Órbigo

Les jambes sont lourdes. Retour au bercail.
Mais, il nous faudra ressortir. D’abord pour le tampon sur les credenciales et aussi pour diner.
Nous ferons une découverte quant au restaurant. Il ne paye pas de mine mais quel repas !
Pour huit euros chacun, nous avons droit, respectivement, à une truite aux tranches de pain et une truite au laurier. Les truites sont servies dans des récipients en terre, avec leur sauce et comme une soupe de poisson. Surprenant et délicieux. La bouteille de vin Tilenus est servie pour 7.5 euros. Et les patrons sont très accueillants. Trois tables occupées, trois tables de pèlerins. Coût du dîner pour deux avec cafés et desserts 36.20 euros. (Restaurant « La Encomienda », Calle Alvares Vega, 30 – 987388211)
Ce soir, nous rentrons en marchant à la « lucky luke », non pas à cause du vin mais à cause des efforts de l’étape d’aujourd’hui où il nous a semblé que marcher sous la pluie « rend plus lourd que d’habitude ». La tendinite va bien mieux en ce qui me concerne, mais Odile semble bien fatiguée de cette reprise de pèlerinage.
Au lit et cela ira mieux demain !

www.elpasohonroso.com

½ pension pour deux 71.60 euros

Sahagun – Leon

02.05.06

Le train est à l’heure, nous aussi. Nous avons fait la queue parmi un nombre non négligeable de pèlerins qui ont eu le même réflexe que nous devant l’immensité de l’étape. Seulement deux d’entre eux descendront avec nous à El Burgo Ranero dont la gare ne se trouve pas en ville mais au milieu des champs. Les autres vont à Burgos ou ailleurs.
Nous rejoignons le Chemin puis commençons cette longue suite d’arbres plantés par une fondation espagnole et dont le but semble être de donner de l’ombre aux marcheurs.
Ces marcheurs avancent sur une piste relativement plate et non caillouteuse mais ne profiteront pas d’une ombre convenable avant une bonne génération !
Le Chemin longe le bord d’une route sur laquelle, en dix kilomètres, nous ne verrons que deux voitures. Et c’est toujours tout droit ou quasiment. Long et monotone. De temps en temps, nous dépassons un ou une pèlerin(e) avec lequel nous échangeons machinalement quelques mots, au gré de la langue parlée par l’intéressé(e).
Nous finissons par arriver à Mansillas de la Mulas qui nous accueille par une jolie sculpture de bronze représentant des pèlerins se reposant sur un banc.

La pèlerine assise au pied d'une croix et d'une sculpture de pèlerins au repos, à Mansilla de las Mulas

La traversée du village est tout aussi sympathique. C’est le jour de marché et c’est l’heure de déjeuner.
Nous nous arrêterons dans le village, sur le Chemin qui le traverse pour manger un menu del dia, installés dans le restaurant avant que la cuisinière n’arrive. Il faut dire qu’il est 13h30 et nous avons quasiment terminé quand les clients espagnols, ouvriers de chantiers voisins, arrivent pour le repas. Le patron me fait comprendre alors qu’il est temps que je remette mes chaussures de marche que j’avais ôtées.
Et nous repartons vers Léon.

Pèlerin de dos, sac au dos, traversant une rue de village sous le soleil

Il s’ensuit une longue ligne droite qui semble sans fin, à gauche de la route nationale sur laquelle le trafic est incessant. Et il fait chaud, et la tendinite tire, et je ne sais plus comment poser mon pied, dont la douleur s’était estompée le temps du repas.
Nous avançons au point convenu la veille et nous nous arrêtons à un abri de bus. Nous sommes rattrapés par des pèlerins qui, de l’autre côté de la route, nous demandent s’il y a quelque chose à faire pour nous (des anglo-saxons, jeunes, en couple). Non merci, Buen Camino !
Le car arrive enfin à 16h. Entretemps, j’ai entamé la conversation avec une dame qui est venue prendre le bus. En route pour Léon dont nous ne connaissons rien.
Mais laissons le destin à notre bonne étoile ! A la gare routière, au moment où nous descendons du car, une dame s’adresse à Odile en français et lui propose de nous aider à quelque chose. Méfiant, je laisse faire et me rend compte que cette dame ne cherche vraiment qu’à nous aider. Elle nous conduit plutôt que nous accompagne au centre ville de Léon et nous amène dans une agence Halcon dont j’ignorais totalement l’existence avant de la rencontrer. Elle nous a expliqué en chemin que l’on peut acheter des « vouchers », sorte de tickets prépayés, destinés à payer des nuitées d’hôtel pour des tarifs qui approchent les 50 % de réduction dans la plupart des cas. Elle nous a auparavant conduits à un hôtel proche de la cathédrale où elle a dormi elle-même. Comme nous resterons deux nuits, nous avons trouvé que la chambre était trop exigüe. Nous choisirons l’hôtel Paris, très bien placé, calle Ancha, à un jet de pierre de la Cathédrale et de la vieille ville. Très belle chambre, très confortable pour 50 euros la nuit, au lieu de 70, grâce aux vouchers. Elle nous accompagne même à l’hôtel et nous installe presque puis elle disparaît. Nous avons oublié son prénom et nous souvenons juste d’elle, en dehors de son visage, du fait qu’elle vive en Suisse alémanique et qu’elle soit originaire de Léon. Il n’y a peu être que sur le Chemin que l’on rencontre des personnes comme cela. Cela donne à réfléchir sur sa propre conduite égoïste, dans certaines situations.

Nous sacrifierons au rituel, car même si nous avons pris aujourd’hui et le train et le bus, nos avons quand même fait nos 30 kms au soleil.
Curieusement, la tendinite va un peu mieux (va comprendre !) et nous effectuons une tournée de visite dans Léon, qui est une très belle ville. Une terrasse de bar nous verra nous écrouler devant une bière, le temps de récupérer un peu avant de continuer notre errance empreinte de curiosité de voir ou revoir une grande ville avec de l’animation. Et en Espagne, il n’en manque pas d’animation !
Dîner et au lit (avec l’animation justement de la rue piétonne en dessous !)

www.hotelparisleon.com/

Lendemain – repos

Tranquilles, ce matin pour la visite de Léon. Arrêt à l’office du tourisme qui semble dénué de tout puis visite de la Cathédrale, autre moment fort à l’instar de la visite de celle de Burgos.
Un coup d’œil au « pèlerin de bronze » qui est « assis » devant le Parador, ancien Hostal de San Marcos, pure merveille plateresque.
Plus prosaïquement, nous décidons, pensant au lendemain et forts de l’expériences des vouchers Halcon, d’aller en acheter d’autres au gré des villes que nous aurons à traverser plus loin. Lors de notre visite à la Cathédrale, les crédentiales ont été tamponnées, voila pour les parties « administratives et financières ».
Le temps s’écoule et les corps se reposent. A la sortie du soir, et l’errance qui préside à la recherche du restaurant et de guerre lasse, nous entrons dans un bar restaurant qui ne paye pas de mine et montons à l’étage où se trouve le « comedor ».Il s’agit du « restaurante El Llar », plaza San Martin 9, dans le Barrio Humido (vieille ville) de Léon 987 25 42 87. Excellentissime. L’accueil chaleureux, belle salle simple, nous sommes dans un coin de cette salle et le repas commence :

1. un plat de dégustation de Ibericos (charcuterie)
2. Poireaux nature
3. une daurade aux pommes
4. une morue à la tomate
5. une bouteille de vin rouge de la Rioja
6. une bouteille d’eau gazeuse

Euros 53.40 TTC

Il fait frais, retour à l’hôtel où la seconde nuit sera plus tranquille, surtout dans la rue. Il est 23h.

Calzadilla de la Cueza – Sahagun

01.05.06

Fête du travail mais pas du pèlerin. Nous allons à Sahagun, à peu près 25 kms de l’endroit où nous sommes.
Il est 8h15, le petit déjeuner absorbé et la note payée : Euros 79.60 pour la nuit deux déjeuners, deux dîners et deux cafés plus deux petits déjeuners.
Départ à 8h15. Nous descendons la rue unique et marchons vers l’Ouest.
Nous nous faisons piéger pour la première fois par ces flèches que nous devons suivre absolument mais qui, dans certains cas dont le nôtre, nous font faire un petit détour dans le but unique de vous faire passer devant un bar, quitte à rejoindre le véritable chemin plus loin.
Nous verrons quantité de ces détours au fur et à mesure que nous avancerons vers notre destination.

Nous longeons, pour changer un peu, la N 120 sur laquelle il y a très peu de circulation, fête du travail oblige.

 

Chemin de terre bordé de fleurs jaunes le long de la N-120, pèlerins au loin
Le chemin est agréable, moins monotone que la veille car un peu plus bosselé même s’il est assez caillouteux. Les plaines alentours sont immenses et nous pouvons voir, au loin,à droite, c’est-à-dire au nord, les montagnes Cantabriques.
Nous croiserons quantité de pigeonniers de différentes formes et de différents états de conservation.
Nous ferons l’impasse sur la Chapelle de l’Ermita de la Virgen del Puente que l’on voit du bord de la route nationale que nous suivons sur les deux derniers kilomètres car nous sommes fatigués et il fait chaud. La tendinite, aussi est fatiguée, et à chaud !

La pèlerine près du grand panneau « El Camino de Santiago en Castilla y León »

Nous arrivons à l’hôtel « la Codorniz » où nous avons réservé. Accueil distant, on a l’habitude. Chambre quelconque pour 46.80 euros.
Notre rituel effectué, nous descendons déjeuner car il est l’heure. Nous sommes arrivés en ville à 14h et il est 15h. Repas pèlerin à midi et le soir pour des prix différents. A midi, pour deux 18.68 euros et le soir 17.76, va comprendre !

Après-déjeuner, nous tenons une réunion stratégique : l’étape de demain.
Le guide nous annonce une étape de 37 kilomètres. Honnêtement, avec une tendinite qui, même si elle semble stabilisée, se fait encore bien sentir, je ne me sens pas d’attaque pour faire cette distance, surtout avec le soleil qui est de la partie. L’étape suivante fera 18.7 kms jusqu’à Léon où nous prévoyons une nouvelle halte de deux nuits. Le total de ces deux étapes fait 56 kms que nous ne pouvons couper en deux tronçons égaux de 28 kms qui nous conviendraient. Il faut tricher un peu. Puisque la chance fait que nous avons une gare à Sahagun et que la gare dessert El Burgo Ranero qui se trouve sur le Chemin à 18kms de là, nous irons là-bas en train et filerons directement sur Léon, à partir de la gare d’El Burgo Ranero. Puis, à 8kms de Léon, nous prendrons un de ces bus locaux ou régionaux que nous voyons fréquemment sur les nationales. Cela nous fera une étape de 30kms avant le repos nécessaire. Accord total sur le projet, nous allons à la gare et, bonne surprise, il y a un train à 8h45 le lendemain !
La nuit sera bonne et tranquille

www.hostallacodorniz.com

Carrion de los Condes – Calzadilla de la Cueza

30.04.06

L’étape Meseta…

Il est 9h40 quand nous sortons de l’hôtel pour attaquer encore une étape de Meseta.
Elle ne fera qu’environ 16 kilomètres, c’est pour cela que nous partons tard. Mais nous savons qu’elle sera interminable parce que nous serons en plein milieu de ce désert qu’est le Paramo mais aussi parce que la jambe est toujours douloureuse.
La sortie de Carrion de los Condes nous fait passer devant le Monastère San Zoilo après avoir franchi le pont médiéval. Puis nous traversons le rond point de la route Palencia-Saldana et traversons la N120, que décidément nous voyons depuis longtemps.

Et nous voila partis pour environ quinze kilomètres de désert. D’abord sur du goudron, jusqu’à Benvivere puis sur la voie romaine Via Aquitania qui allait de Burgos à Astorga où nous irons nous aussi.
C’est une suite de poussière, cailloux et terre battue. La piste trace sur des kilomètres devant nous sans autre chose pour accrocher l’œil. Rien

 

Longue piste de terre rectiligne à travers la plaine, un pèlerin au loin, entre Carrión et Calzadilla de la Cueza

Si, un hangar qui occupe l’œil après tant de temps à scruter l’horizon.
Quelques kilomètres avant l’étape, nous trouvons nos Dacquois, Bernadette et Bertrand (dont les pieds vont mieux) qui achèvent une mini sieste après un léger casse-croûte.
Salutations, et nous repartons. Poussière, cailloux et soleil quand même et moins de vent.
Il y a quand même beaucoup d’oiseaux sur ce Paramo. Ils nous apportent un peu distraction tant ils sont nombreux et différents. Ajoutons que depuis que nous avons quitté Puente la Reina, il y a une dizaine de jours, il n’est pas un village dont le point haut, église, bâtiment, ne soit pas habité par un ou plusieurs nids de cigogne occupé.
Nous arriverons à 14h à l’Hostal où nous avons réservé une chambre.

Piste de gravier entre les champs de blé vert, vers un village de la Meseta

Comme souvent, chambre simple mais propre. Nous serons à l’étage d’où nous voyons les pèlerins arriver un à un. La plupart vont à l’auberge de pèlerins, d’autres viennent nous rejoindre à l’Hostal « Camino Real ».
L’accueil, et c’est assez rare en Espagne, est vraiment chaleureux. Nous déjeunerons et dînerons dans l’hostal car il n’y a rien d’autre. Ni bar, ni commerce rien. Le village est bâti de maison en adobe, boue séchée et paille mêlée tout autour du Chemin de St Jacques. C’est un village-rue ou une rue-village. Rien d’autre !
La sieste sera réparatrice. Un petit tour au cimetière, il n’y a toujours rien d’autre, une petite bière au soleil en préparant l’étape du lendemain comme c’est le cas chaque jour, la préparation, pas la bière.
Les deux repas auront été une excellente surprise de qualité et de simplicité. La salle est remplie de pèlerins car l’auberge de pèlerins voisines ne propose pas de repas. Moyenne d’âge autour des cinquante ans mais ambiance détendue et conviviale même si les visages montrent la fatigue accumulée et les premières brûlures du soleil

 

Le cimetière et son campanile en silhouette au soleil couchant, à Calzadilla de la Cueza
Le cimetière et son campanile

Une bonne nuit s’ensuivra pour terminer ce mois d’Avril.

Etape sympa, conviviale et pas chère.

www.tripadvisor.co.za/Hotel_Review-g5113906-d51..

Fromista – Carrion de los Condes

29.04.06

Nous quittons Fromista un peu plus tard que d’habitude car notre étape ne fait que presque 21 kms.et le cirque de la nuit a favorisé un sommeil plus profond au matin.
Le vent est très frais et nous fait bien sentir que nous marchons sur un plateau situé à 850m d’altitude.
Le Chemin, aujourd’hui, va longer la P 980 qui va, comme nous, à Carion de los Condes.
D’entrée, presque quatre kilomètres d’une large allée de cailloux jusqu’à Villovieco, au contact de la route.

Le pèlerin, sac au dos, sur une piste devant des maisons en terre crue, en route vers Carrión de los Condes

Tout droit, rien à faire d’autre que parler à son compagnon quant on a la chance d’en avoir un.

La pèlerine au bord de la route, près d'un panneau « Carrión de los Condes 18 – Santiago 475 » et de bornes à coquille

 

Marre de la route, nous décidons de ne pas suivre le chemin dit officiel car, par chance, nous avons un temps frais mais sec. Le terrain l’est donc aussi et, gaillards et sans autre repère que notre guide, nous suivons la rivière Ucieza qui nous conduira vers l’ermita de la Virgen del Rio. en trois kilomètres et demi. Nous voyons, sur notre gauche, cheminer les pèlerins qui ont continué sur le bord de la route.
Arrivés à l’Ermita, nous faisons une petite halte pour manger un petit en-cas. Il y a quelques pèlerins qui repartent et surtout, un groupe de jeunes du village qui semble, en jouant attendre le reste du village qui va faire un pique-nique de fête à l’heure du déjeuner à cet endroit.

Après la halte de quelques minutes, nous repartons. Au moment de reprendre le chemin, un monsieur semble me dire que le Chemin de St Jacques n’est pas dans la direction que je prends. Comme nous n’avons pas de repères, à cet endroit là, nous décidons de partir en direction du chemin « officiel » en revenant vers Villalcazar de Sirga, avant laquelle nous obliquerons à droite, en montée, suivant une piste à travers champs. Cette longue piste nous permettra de rattraper la P 980 que nous suivrons encore pendant presque deux kilomètres, après avoir franchi ce que nous croyons être l’Alto de San Cristobal. Donc, ligne droite pour accéder à l’entrée de Carion de los Condes qui se trouve sur la gauche de la route, au bout de l’avenida de los Peregrinos, cela ne s’invente pas.
Il est 14h30 ; Nous dormirons à l’Albergaria Albe, hôtel simple et propre. De toute façon, le choix n’est pas immense car il y a une noce dans le village qui a réservé tous les hôtels. Nous prendrons un repas du pèlerin à notre arrivée car nous nous sommes mis depuis quelques temps à l’heure espagnole qui finalement nous convient bien, nous permettant de déjeuner à la fin de l’étape. Repas à oublier (lentilles, bifteck pour l’un et œuf jambon pour l’autre, et une glace insipide) dont le souvenir ne sera qu’alimentaire.
Comme d’habitude, douche, jambes en l’air, lessive, sieste, suivis d’une promenade/shopping pour le casse-croûte du lendemain.
Puis un dîner au Restaurant Abel, qui lui restera dans nos souvenirs : artichauts au jambon, une truite au four, une caille en escabeche, deux flans + vins et cafés pour 32.20 euros.
Nous dormirons très bien dans notre chambre sous les toits de notre Albergaria et ce pour Euros 25 pour la nuit à deux.

Burgos (Castrojeriz) – Fromista

28.04.06

Petit déjeuner à proximité du patron, plutôt bougon, ce matin.
Petit déjeuner encore plus espagnol que d’habitude, aujourd’hui.
La jambe est douloureuse. Il fait beau.

Le pèlerin, sac au dos, dans une rue de village au départ de l'étape vers Frómista

Nous en avons, d’après le guide dont je déchire les pages au fur et à mesure que nous avançons, pour 26.1kms. Ce qui est nouveau, c’est que nous allons marcher au milieu de rien, sinon les éternels blés en croissance de chaque côté du chemin.

Devant nous, et aussi plus tard, derrière nous, nous voyons les pèlerins qui avancent au gré de cette pente plutôt raide pour le départ. D’ailleurs, à ce moment là, je pense que nous attaquons généralement depuis le début de notre parcours, les étapes espagnoles, par des côtes, au même titre qu’il semble que les hôteliers mettent un point d’honneur à nous faire dormir dans la chambre la plus élevée en étage, à notre arrivée et cela tant en Espagne qu’en France !

Vue sur la plaine verte de la Meseta et un village au pied d'une colline, avant la montée vers le plateau de Mostelares

Après un peu plus d’un kilomètre d’une montée sévère, nous voila enfin, en haut, sur le plateau de Mostelares où le vent froid nous accueille et ne nous quittera pas jusqu’à la fin de l’étape. Le paysage se décrit en quelques mots : Plateau désert, lignes droites de terre battue, blés verts ondulant au vent. Rien d’autre à dire, encore moins sur le village désert que nous traversons avant d’arriver à Itero de la Vega, à mi-chemin de l’étape, où nous achetons de quoi manger. Demi-pain, fromage, fruit.

Nous mangerons un en-cas à la sortie du village, dans un coin abrité du vent ou à peu près.
Et nous repartons pour le prochain village, Boadilla del Camino, à environ 8 kilomètres dans ce désert ondulant et froid.

Le pèlerin, bâtons en main, sur la piste caillouteuse du plateau, face à la plaine de Castille

En haut d’un côte, sur le côté droit du chemin, nous voyons un tout petit re-plat, qui est à l’abri du vent et au soleil. Pas le temps de réfléchir, nous occupons l’espace. Cela ressemble, sous certains aspects, à l’abri que nous avions trouvé en franchissant le col de Roncevaux.

Chemin de terre descendant vers la plaine verte et un village, sous un ciel gris

 
Passe un senior britannique qui ne nous dit rien d’autre, sans s’arrêter, que « Marcher, toujours marcher » en espagnol. Puis, un français qui tient un bâton de marche à l’autre bout duquel se trouve un pèlerin aveugle qu’il aide à s’orienter. Ils viennent d’Arles et sont partis de St Jean Pied de Port. Nous les reverrons à Boadilla del Camino en train de chercher à s’installer à l’auberge de pèlerins.
Le reste de l’étape est du même acabit, c’est-à-dire vent froid et chemin relativement plat et caillouteux.

 

Le pèlerin assis sur un banc, sac posé à côté, pendant une pause sur le Camino Francés

Après Boadilla, nous trouverons le canal de Castille qui variera un peu le paysage, toujours sous le même vent, heureusement de dos, puis nous franchirons les écluses de Fromista.

Les écluses du canal de Castille à Frómista

J’ai réservé une chambre à l’Hôtel San Martin qui n’est pas bien difficile de trouver tant le village est petit. De toute façon, il est à côté de l’auberge des pèlerins et devant la magnifique église romane du même nom.

Le pèlerin devant l'église romane San Martín de Frómista

L'église romane San Martín de Frómista et sa place plantée de platanes taillés
Accueil aimable, l’hôtel sera vite plein car les pèlerins arrivent.
Heureusement que j’ai réservé !
Chambre simple mais propre. Elle donne sur la place et sur l’église romane.

Rituel effectué, nous sortons à la recherche de la pharmacie où le pharmacien, à l’écoute des symptômes ressentis par le pèlerin que je suis, me dire que le meilleur moyen de traiter la tendinite, c’est d’arrêter de marcher ! Je luis demande quel est l’alternative. Il répond : des anti-inflammatoires et un mollet fortement bandé. Banco, je lui achète deux bandes élastiques, nous verrons bien ! En revenant, je vais à l’auberge tamponner moi-même nos credenciales car il semble qu’arrivent nombre de pèlerins à cette heure là et j’imagine que l’hospitalero a autre chose à faire que de tamponner les credenciales.
Le dîner s’avèrera catastrophique. A huit heures, heure d’ouverture de la cuisine, nous sommes à pied d’œuvre dans un bar qui sert des menus à huit euros qui semble être le seul ouvert ce soir là.
Nous mangerons dans une salle en longueur à l’étage au-dessus du bar, dans la fumée qui stagne au plafond, fumée produite par une cinquantaine de jeunes clients qui fument au bar.
Le repas en soi est minable et expédié en trente minutes maximum.
Nous sommes contents de retrouver le vent dehors qui a encore plus fraîchi mais au moins nous enlèvera cette odeur de tabac. Retour au bercail et au lit.

Nous aurons le lendemain l’explication de la présence de tant de jeunes dans ce bar quand nous apprendrons que Fromista est dans sa semaine de fêtes qui suit Pâques et célèbrait ce soir là un saint local. Ils ont célébré toute la nuit sur la place devant notre fenêtre à chanter et danser, heureusement sans musique ! Et au matin, quand les premiers pèlerins sont sortis de l’auberge vers 6h00, cela a donné une longue suite de « Buen camino ! » bien sympathiques mais bien énervants pour qui n’a pas ou peu dormi comme mon épouse et, j’imagine, bon nombre de pèlerins du refuge !

 

www.hotelsanmartin.es

Hôtel San Martin
Plaza San Martin 7
FROMISTA (Palencia)
979 81 00 00
Chambre et pdj 47.80 euros